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Apple…
le mozart de l'informatique
Précurseur de la
micro-informatique à la portée de tous,
Apple Computer, “l'enfant terrible”
de la Silicon Valley,
entend devenir
l'emblème de
la génération du
tout numérique et
le point de passage
obligé du multimédia à la maison.
Par Jean Watin-Augouard |
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Steve Jobs
Lisa : 1983
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Un seul mot, synonyme de convivialité, simplicité,
liberté et communauté ? Ajoutons les adjectifs
“visionnaire”, “avant-gardiste” et “anticonformiste”. Quelle entreprise a limogé son fondateur
et l'a rappelé au pire moment,pour retrouver les chemins de croissance ? Quelle marque peut se targuer d'être citée
comme marque préférée (1) avec seulement 4 % de part de marché
dans le monde ? Apple ! Dernier constructeur à financer, seul, le développement de ses
machines, de son système
d'exploitation et de ses logiciels
- le hardware et le software
-, la célèbre marque à la
pomme détient une place à
part dans l'informatique mondiale
dominée - jusqu'à 2005 -
par l'univers Wintel (Windows
et Intel) de Microsoft.
On lui
doit la démocratisation, dans
la vie quotidienne, de l'usage
de l'informatique et, plus
récemment, de celui des
médias numériques. Soulignons
que sa part de marché est supérieure, de l'ordre de
20 % à 25 %, dans certains pays dont les Etats-Unis et la
France et que son implantation est historiquement très
forte dans les secteurs de l'édition, du graphisme, les
métiers artistiques et créatifs et plus récemment chez les
professionnels de la musique et du cinéma.Avantages compétitifs
? Le design, les prouesses technologiques et la facilité
d'utilisation. Apple, surnommé l'“enfant terrible”, incarne
une certaine Amérique, celle de la conquête, du risque et de
la rébellion. La marque réunit autour d'elle une communauté
forte de 25 millions de clients dans le monde qui sont
autant de disciples fidèles (2).
Les grand-messes annuelles
Mac World à San Francisco (mais aussi à New York et Tokyo)
et Appel Expo à Paris, accueillent le messie venu les délivrer
de l'obscurantisme technologique. Gourou, sauveur et prophète,
Steve Jobs, toujours êtu d'un jean délavé et d'un
polo noir et chaussant des baskets New Balance, évangélise
les utilisateurs du monde PC pour les convertir au Mac. Il manquait à la marque un lieu de culte, lieu de dévotion : le
19 mai 2001, Apple inaugure, à McLean, en Virginie, dans la
banlieue de Washington, et Glendale (Californie) les deux
premières boutiques Apple Store avec pour slogan “Shop
different”.
Pour autant, des pépins, Apple Computer n'en a pas manqués
! Témoins, l'échec de l'ordinateur Lisa à l'origine du
départ de Steve Jobs en 1985, le Mac LC (low cost) vendu à
2 400 dollars en 1990, l'invention trop précoce de Newton,
mélange d'agenda électronique, de télécopieur et de radiotéléphone,
précurseur malheureux en 1993 du futur agenda
électronique Palm Pilot,la place marginale de la marque sur
le marché professionnel des entreprises, le Power Mac 64
Cube (2000), victime de problèmes de fabrication, vendu
seulement à 141 000 exemplaires, et l'arrivée tardive dans le numérique. En décembre 2000, on peut lire dans la presse
française : “Apple est une belle pomme à cueillir pour pas
cher à Wall Street” ! Depuis, son destin a singulièrement
changé :alors cotée à moins de dix dollars,l'action dépassait
les 80 dollars en janvier 2006 ! Trentenaire depuis le 1er avril
2006, Apple croque l'innovation à pleines dents. N'est-il pas
devenu le numéro un mondial de la musique en ligne ? |
Apple, surnommé l'“enfant terrible”,
incarne une certaine Amérique,
celle de la conquête, du risque
et de la rébellion.
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Power Mac 64 Cube |
Newton |
Newton Pro |
Applemania
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Apple IIC
Apple II
Mac classic
Mac plus
i.mac écran plat
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Au commencement,une amitié pour une passion commune,
l'électronique et un garage pour berceau (comme Hewlett
et Packard !). Autre point commun : les fondateurs ont le
même prénom :Steve. Steve Wozniak, ingénieur chez Hewlett-Packard,et Steve Jobs, programmeur de jeux vidéo chez Atari,
passent leurs soirées et leurs week-ends à bidouiller, dans le
garage californien (Cupertino) du père adoptif du second.
L'Apple I voit le jour le 1er avril 1976 mais il faut entrer 3 000
caractères de code avant de démarrer ! Sa diffusion restera
donc confidentielle. “ Nous étions dans un champ d'orchidées,
dans l'Etat de l'Oregon, quand Steve a choisi le nom
Apple”, se souvient Steve Wozsniak. La légende raconte que, pour être au mieux de sa forme, Steve Jobs mangeait une
pomme, matin, midi et soir. Et si la pomme, symbole de la
connaissance et fruit défendu depuis Adam et Eve, pouvait
enfin ouvrir non plus les portes de la servitude mais celles
de la liberté ? Croquée, le bien est fait, celui du partage de la
connaissance ! La pomme sera le nom et le logo (3) de la société,
Apple Computer, créée ce 1er avril.
Le succès arrive en avril
1977 avec l'Apple II, premier ordinateur personnel commercialisé
à grande échelle et qui s'implante, notamment, dans
le domaine de l'éducation. Moulée dans une coque de plastique
beige,cette machine est la première munie d'un écran
et d'un clavier quand les concurrents proposent des unités
centrales qu'il faut raccorder à des périphériques séparés. Il
faut attendre 1978 pour que l'Apple III, équipé du premier
lecteur de disquette, supprime l'usage du magnétophone
destiné à sauvegarder les informations.
Après l'innovation, la révolution. Le slogan de la société “ l'ordinateur
pour le reste d'entre nous” prend toute sa signification
quand, pour concurrencer le PC (personnal computer)
d'IBM lancé trois ans plus tôt, Apple propose, en 1984, le
Macintosh (nom d'une pomme du Canada).Ridley Scott réalise le spot publicitaire “ 1984” diffusé une seule fois à la télévision
américaine lors de la finale du Super Bowl.
C'est une
charge contre IBM qui met en pièces la prophétie de George
Orwell : “ Le 24 janvier, Apple présente le Macintosh. Et vous
verrez que 1984 ne ressemblera pas à 1984.” En France,
Philippe Michel (CLM/BBDO) réalisera plusieurs publicités
dont celle d'un patron parlant à son fils à l'arrière d'une voiture
de luxe. Le “ Mac”, pour les fidèles,est une machine révolutionnaire
fondée sur la simplicité d'usage grâce au système
d'exploitation pour la première fois incorporé au coeur même
de l'appareil. Il se distingue également par la convivialité de
l'interface graphique, le bureau virtuel et ses icônes (poubelle,
dossiers, applications…) et la fameuse souris, innovations
conçues dans le laboratoire de Xerox (4). Pour autant, la
convivialité ne semble pas de mise au sein de la
direction :les deux Steve quittent la société en
1985.
L'un, volontairement (5), l'autre, Steve
Jobs, remercié pour ne pas avoir voulu écouter ses équipes de vente qui souhaitaient
des ordinateurs plus puissants.
Il sera remplacé par John Sculley
qu'il avait débauché un an plus tôt
chez Pepsi Cola pour apporter à l'entreprise
le sens du marketing. C'est
pour l'avoir senti trop tôt, avec le lancement
sans lendemain du Newton, que
John Sculley doit céder sa place à Michael
Spindler. Jusqu'au début des années 1990, la
part de marché mondial d'Apple flirtait avec les 15 %.
En 1995, le constructeur cumule plus d'un milliard de dollars
de commandes non honorées et sa part de marché tombe à 7,8 % et ce, malgré de nouvelles machines développées en
partenariat avec IBM et Motorola (microprocesseur PowerPC).
La concurrence a désormais pour nom Microsoft et son logiciel
Windows 95 qui va envahir le marché mondial
quand Apple refuse toujours, malgré
quelques exceptions, de céder les licences
d'exploitation du Macintosh. La valse
des dirigeants continue : Michael
Spindler cède sa place à Gilbert Amelio
en attendant le grand retour du sauveur,
Steve Jobs, en 1997 (6).
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Think different
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Powerbook G4
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1997. Apple est au bord du gouffre.
Steve Jobs est rappelé au poste de président
intérimaire, avec, pour seul salaire, un
dollar par an. Juste de quoi acheter une
pomme ! Et ce dernier d'accueillir, en août 1997,
comme nouvel actionnaire à hauteur de 6 %, Microsoft,
alors accusé par la justice américaine pour ses tendances
monopolistiques ! (7) Coup de génie du fondateur ? L'iMac,
troisième grande rupture technologique de la marque,
casse, le 15 août 1998,les codes du marché avec ses rondeurs, sa coque translucide, ses couleurs vives (fraise,myrtille, raisin,
mandarine et citron vert) et la suppression de l'unité
centrale intégrée à l'écran. Dédié à Internet (le “i” de Mac) et
conçu par Jonathan Ive,responsable du laboratoire de design
industriel d'Apple depuis 1992, cette machine annonce l'avènement
de l'ordinateur sympathique, “ détechnicisé” et permet à Apple (4 % de part de marché) de renouer avec les profits.
Sa présence au musée Guggenheim de New York le fait
entrer dans l'immortalité. La campagne de communication “ Think different” réalisée par TBWA Chiat/Day, l'agence de
publicité des débuts, met en scène ceux qui ont changé le
monde, les Picasso, Martin Luther King, Einstein, la Callas,
Mohammed Ali, Gandhi, Hitchkock, le dalaï-lama, Bob Dylan
ou Ted Turner. “ Seuls ceux qui sont assez fous pour penser
qu'ils peuvent changer le monde, y parviennent”, prévient
la marque.Apple n'oublie pas la concurrence
avec cette fameuse publicité comparative qui
représente, en 1998, un requin avec pour slogan “ Prédateur de Pentium”.
Mais en 2000, le
lancement du Power Mac 64 Cube pourtant élu “ produit de l'année” par le magazine
Business Week est un échec : fiabilité discutable,
absence de cible et coût élevé
(25 000 Frs). Le succès du iBook (iMac
portable),“ le Mac à emporter” lancé en
1999, du PowerBook G4 dit Titanium
(2001) et du iMac avec écran plat (LG
Philips) en janvier 2002, compensent
cette déconvenue. Avec sa demi-sphère,
son bras articulé, qui lui donne la forme
d'une lampe de chevet et sa couleur blanche,
ce nouvel iMac parie sur l'utilisation ludique de l'ordinateur
aux antipodes de l'informatique de bureau. Si,pour son lancement,
la signature “ Think different” est conservée, elle
change en juin 2002 pour “ Voilà pourquoi votre prochain PC
devrait être un Mac”. La campagne, baptisée “ Switchers”, fait parler des convertis de fraîche date avec des témoignages
d'utilisateurs de Windows se plaignant des plantages de leur
machine et de sa complexité et se réjouissant de découvrir
un nouvel univers, celui du Mac.
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4 mots pour la gamme Apple
Deux préfixes :“i” pour désigner une machine grand public ;
“power” pour un ordinateur à usage professionnel.
Deux suffixes : “Mac” accolé aux ordinateurs de bureau et
“Book” aux machines portables.
Un portable grand public sera donc un iBook et une machine de
bureau professionnelle un Power Mac. eMac pour l'éducation.
L'ère du digital
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Power book G4 - écran17 pouces
Power mac G3
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Après l'ère de la productivité industrielle (1980 à 1994), puis
celle d'Internet, le micro-ordinateur entre à partir de 2000
dans l'ère du digital. Ce troisième âge d'or de l'ordinateur
personnel, lié à la révolution du numérique, du son et de
l'image, infirme la thèse de sa disparition. Porté par la
prolifération des appareils numériques - appareils
photo, caméras numériques, lecteurs MP3…-, l'ordinateur
va jouer un rôle crucial de connecteur
et de noyau numérique car c'est la seule machine
dotée d'un écran large, de la puissance pour
effectuer des applications complexes et des
capacités suffisantes de stockage des données.
Reste que l'avenir de l'informatique
dépend des performances des machines et
de la nature et la qualité des applications.
Redevenu PDG en 2000, Steve Jobs ne l'ignore pas qui entend sortir du marché de niches et se
poser en alternative à Windows pour les petites entreprises
et les professions libérales (architectes, médecins, avocats,
agences immobilières, hôtels) avant d'attaquer les grands
comptes.
Le lancement,en octobre 1999, de iMovie, logiciel de
montage video, inaugure l'ère du “digital hub” ou “centre
numérique” personnel. Comme en 1984 avec le Macintosh,
Apple veut en 2001 proposer avec ses iMac, iBook et
PowerMac de véritables plates-formes numériques capables
de télécharger de la musique sur Internet, graver des
CD/DVD, faire du montage video, stocker des photos,
créer des sites,fonctions qui,avant,étaient
réservées aux professionnels.
L'iMac devient
passage obligé entre la caméra, l'appareil
photo, le lecteur de DVD, le lecteur
de fichiers MP3, les agendas numériques
et le téléphone mobile (système
Bluetooth). Il intègre, en février
2001, année noire pour les constructeurs
informatiques, non seulement
le logiciel iMovie mais également les
logiciels iTunes (juke-box virtuel) et
iDVD (graver ses propres DVD) puis
iPhoto (stocker et organiser les photos) en
janvier 2002.
Apple se concentre sur ce qui
naguère fit sa force : le multimédia à la maison.“Ripper,
mixer et graver”annonce la publicité.Quand IBM abandonne
au chinois Lenovo sa branche PC, la firme de Cupertino se
positionne sur le prochain relais de croissance de l'informatique
personnelle : la fabrication de contenus numériques.
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iPodmania
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iPod G1
fenêtre iMovie
iPod U2
iPod mini (en haut)
iPod shuffle
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iPod ou la première diversification de la marque - après
l'échec de Newton en 1993 -, dans le domaine de l'électronique
grand public quand, au même moment, Intel s'en
désengage pour cause de manque de rentabilité ! Le 29
octobre 2001, portée par le développement du téléchargement
Internet, la société sort de ses frontières traditionnelles
en lançant un baladeur numérique musical iPod, pas
plus grand qu'un paquet de cartes de moins de deux cm
d'épaisseur,avec une capacité de stockage de 1 000 chansons
au format MP3 (soit l'équivalent de soixante-dix CD), 10 000
chansons en 2004. iPod se singularise de ses concurrents
par son design, sa facilité d'utilisation et une innovation
technologique :la molette de contrôle du baladeur permet à
la fois de changer de morceau et de régler le volume. Il télécharge
un CD en dix secondes au lieu de cinq à dix minutes pour un graveur classique et fonctionne avec le logiciel
iTunes. Malgré une arrivée tardive sur un marché déjà encombré (8),
iPod est,deux ans après son lancement,numéro un des
ventes aux Etats-Unis.
Pour l'hebdomadaire américain
Business Week, il s'agit de la plus belle réussite commerciale
de l'histoire du fabricant. Son succès dépasse, pour la première
fois, la sphère des inconditionnels de l'univers Mac.
Après le contenant, le contenu. Pour asseoir la réussite de
l'iPod, Apple lance en avril 2003 un site de téléchargement légal de musique payante iTunes Music Stores (200 000
titres à télécharger, 99 cents par chanson). Pour la première
fois, les majors de la musique,Warner, BMG, EMI, Universal
Music, qui n'étaient pas parvenu à se mettre d'accord pour
proposer une offre commune et voyaient leurs ventes stagner,
se sont laissés convaincre par Apple (9). Pour éviter le piratage,
iTunes Music Store est doté d'un support de gestion de
droits numériques qui tente de lutter contre la copie sauvage
des titres. Là aussi, la magie Apple opère : design et simplicité
d'utilisation. Steve Jobs entend prouver que la musique
payante sur Internet a de l'avenir malgré le piratage (10). iTunes
Music Store est lancé un an plus tard, en juin 2004, en
Allemagne, France et Grande-Bretagne, puis en octobre 2004
dans neuf autres pays européens (11) et le Canada. Avec un million de
chansons disponibles provenant
des cinq majors du disque et d'une
centaine d'éditeurs indépendants,
Apple couvre 70 % du marché
mondial de la musique en ligne.
iTunes Music Store donne un véritable
coup de fouet à l'iPod qui
pèse, au premier semestre 2004,
14 % du chiffre d'affaires total du
groupe contre 6 % six mois plus tôt.
Signe d'un nouveau temps ? Pour la première fois, Apple a vendu plus d'iPod au premier trimestre
2004 que d'ordinateurs iMac ! Pour autant “ l'effet
de halo” joue : iPod accroît la notoriété d'Apple et nourrit la
croissance des autres produits du groupe.
Orchestrées par
TBWA Chiat Day, les campagnes de communications mettent
en scène des ombres noires sur des fonds colorés
jaunes, verts, violets ou roses qui dansent sur plusieurs
genres, le rap des Américains Black Eyed Peas, le rock du
groupe australien The Vines ou U2. Seul l'appareil est représenté
avec une couleur blanche et un seul nom est mis en
valeur : iPod avec la pomme présente à côté du nom. Apple
figure discrètement en bas de l'affiche avec la référence au
site apple.com/fr. La gamme va s'enrichir avec le mini iPod
en janvier 2004, le iPod Photo en octobre 2004, qui permet
de stocker 25 000 photos et 15 000 titres et permet de visualiser
des images sur un écran d'ordinateur,
une télévision ou un projecteur,
le iPod U2, conçu en partenariat
avec le groupe irlandais U2 et la
maison de disque Universal Music
et le iPod nano, très compact, en
octobre 2005. Apple détient 75 % du
marché des baladeurs numériques
haut de gamme (à disque dur) mais
ces derniers ne représentent qu'un
quart du total des ventes mondiales
de lecteurs de musiques portables,
le reste étant le fait des baladeurs à faible capacité (mémoire
flash) et bas prix. D'où le lancement
en janvier 2005 de l'iPod shuffle
(low cost) à mémoire flash, ainsi
baptisé car il permet d'écouter les
chansons dans un ordre aléatoire. Et
en janvier 2006 la suite grand public
iLife ajoute des fonctions de “ podcasting”
et inclut le logiciel iWeb, éditeur pour créer des
pages Web et des blogs.
Après le son, l'image. L'iPod video,
lancé le 12 octobre 2005, est un baladeur permettant de lire
de la vidéo. Parallèlement, le site iTunes Music Stores est étendu à des programmes de
télé iTunes Video : aux deux millions
de chansons s'ajoutent 2 000
clips, courts métrages issus des studios
Disney et des épisodes de séries
télé de la chaîne ABC téléchargeables pour
1,99 euros. Apple ouvre la voie d'une offre légale
de téléchargement de films, étape supplémentaire
dans la dématérialisation des biens culturels (12).
Reste que, comment pour le Mac, Apple a développé pour
iPod son propre système de lecture audio qu'il ne partage
pas : l'iPod ne lit que les morceaux téléchargés sur le site
iTunes et les titres iTunes ne peuvent être écoutés sur un
autre baladeur que l'iPod. Microsoft,au contraire pour s'imposer
comme un standard, a vendu des licences de son format
de lecture à tous les fabricants de baladeurs et opérateurs
de sites de téléchargement musical payant.
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La fin du splendide isolement
Si,dès ses origines,Apple refuse,à la différence de Microsoft,
de céder la licence de son système d'exploitation - attitude
souvent reprochée -, son splendide isolement va progressivement
s'estomper. Microsoft, “ l'ennemi juré”, participe au
plan de sauvetage d'Apple en 1997 pour revendre sa participation
en 2003. Année où les passerelles entre les deux univers
s'établissent :Microsoft Office (Word,Excel,Powerpoint)
est disponible pour le Mac OSX (architecture Unix réputée
ouverte, rapide et fiable), nouveau système d'exploitation
lancé en 2001, et le navigateur Internet Explorer de Microsoft
est installé en série sur les ordinateurs Apple. Via Unix,
Apple veut inciter les utilisateurs de PC à passer de la plate forme Windows à la plate-forme Mac ou à faire coexister les
deux. De son côté, Apple lance durant l'été 2002 son iPod
compatible avec Windows et le iMac, est la même année
compatible avec les logiciels de Microsoft. La hache de guerre
est enterrée ! En octobre 2003,Apple lance une version iTunes
sur Windows et iTunes Music Stores devient accessible
sur Windows - un pari quand on sait
l'ampleur du piratage sur les ordinateurs
Windows. Autre preuve de l'ouverture
du groupe : une licence est accordée
à HP (13) en juin 2004 pour fabriquer
des baladeurs sous sa marque
hPod incluant sa technologie de
protection des droits. Le logiciel
iTunes est également intégré
directement sur les ordinateurs
HP.
Transition technologique
majeure le 6 juin 2005 : Steve Jobs
annonce l'abandon des puces IBM
pour celles d'Intel afin de proposer
des machines moins chères et plus
puissantes (14). En janvier 2006, Apple sort
les premiers Mac équipés des processeurs
d'Intel Core Duo à double coeur, les iMac et Mac Book
Pro (ex Power Book).
Autre signe de la fin de l'isolement : en janvier 2005,pour sortir
de son marché historique de niche, Apple lance des produits
d'entrée de gamme :un Mac Mini (iMac G4) disque dur à moins de 500 dollars (sans écran, ni clavier, ni souris), est la
première incursion d'Apple sur le marché du PC très bon marché.
Objectif : convaincre les utilisateurs de PC sous Windows
de connecter leurs écran, clavier et souris sur ce Mini Mac.
En 2006 avec iPod (32 millions d'exemplaires vendus en
2005),le logiciel iTunes et iTunes Music Store (un milliard de
chansons vendues en ligne), Apple est le numéro un mondial
de la musique numérique qui représente près de 40 %
du chiffre d'affaires contre 6 % en 2003.L'appareil n'a-t-il pas
donné naissance au mot podcasting, combinaison des mot
iPod et broadcasting.La convergence est redevenue réalité.
(1) - Selon un sondage réalisé par BrandChannel, en février 2005, Apple détrône Google
comme marque préférée en 2004. Le même sondage réalisé en 2006 place Google en
premier devant Apple.
(2) - Selon une enquête réalisée aux Etats-Unis en 2001 par TrendWatch auprès de 22 000
entreprises de différents secteurs liés à la créativité, 77 % de celles qui travaillent sur
des ordinateurs d'Apple ont l'intention de continuer à le faire.
(3) - Dans les premières années, le logo représente Newton sous un arbre, menacé par
la chute d'une pomme. C'est en 1997 que la pomme remplace Newton : elle est croquée
pour ne pas être confondue avec une tomate et multicolore pour rappeler que
l'Apple II est l'un des premiers ordinateurs en couleur. L'arc en ciel a, depuis, disparu.
(4) - Les icônes sont l'oeuvre de Susan Kare, graphiste américaine
et les éléments de l'interface ainsi que la souris, de
Douglas Engelbart.
(5) - Steve Wozniak est actuellement enseignant en informatique
dans une école primaire de Los Altos.
(6) - En 1986, Steve Jobs crée la société NeXT (au suivant, en
anglais). En décembre 1996, Apple rachète NeXT pour élaborer une nouvelle gamme
de machines, plus simple et très puissante. NeXT sert de base à l'élaboration du dernier
système d'exploitation d'Apple (OSX). Steve Jobs devient consultant auprès de la
société qu'il a créée.
(7) - Deuxième entorse au principe d'indépendance : Apple adopte le logiciel de navigation
sur Internet,Explorer de Microsoft et non son rival,Netscape. Microsoft sort du
capital en 2003.
(8) - Avant Apple, deux entreprises l'avaient devancé sur le lecteur MP3 à disque dur :
Creative avec Zen Micro (Singapour) et Archos (France) .
(9) - Petit souci avec la maison de disque des Beatles Apple Corps qui porte plainte le 4
juillet 2003 contre Apple Computer pour avoir enfreint un accord qui date de 1991 et
qui interdisait au fabricant d'associer sa marque ou son logo, qui ressemble à celui
des Beatles,pour l'enregistrement ou la reproduction de musique.Rappelons que “Big
Apple” est le surnom de New York.
(10) - Autres principaux sites musicaux payants : Pressplay (Microsoft), MusicNet (Real
Networks),Napster (Roxio),Rhapsody,Dell Music Store (Dell),Wal-Mart,la Fnac,Virgin,
Sony Connect .
(11) - Autriche,Belgique,Espagne,Finlande,Grèce,Italie,Luxembourg,Pays-Bas et Portugal.
(12) - L'acquisition, en janvier 2006, de Pixar par Disney va élargir le catalogue de
iTunes Video.
(13) - HP a longtemps fourni les imprimantes revendues par Apple.
(14) - Quatrième transition depuis la sortie du premier Mac : le passage d'une architecture
16 à 32 bits en 1990, l'adoption des puces PowerPC pour remplacer celles de
Motorola, la refonte complète de Mac OS avec Unix en 2001 et le passage au 64 bits.
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