Accueil » Revue des Marques » Sommaire » La revue des Marques numéro 56
Top
Revue des Marques - numéro 56 - Octobre 2006
 

Outil de veille pour l'emballage

Pour sa première étude, l'Observatoire du Salon International de l'Emballage(1) a pour ambition de donner les principales tendances des marchés de l'emballage à l'horizon 2008 et de mesurer les perceptions des différents acteurs de la filière.

Propos recueillis par Jean LAMBERT.


Outil de veille pour l'emballage
L'emballage ? Une industrie de poids ! Avec 112 000 emplois directs, un chiffre d'affaires de 20 milliards d'euros, 15 % de la valeur ajoutée consacrés aux investissements, l'emballage représente 3,5 % de la valeur ajoutée de l'industrie manufacturière française (hors énergie). Deux principales filières dominent : papier-carton (surtout orienté vers les emballages secondaires, logistique/ transport) et plastique (les emballages primaires des biens de consommation) qui, chacune, représente 32 % des facturations en 2004. Les industries agro-alimentaires représentent 65 % des débouchés (38 % pour le non liquide et 27 % pour le liquide) et sont suivies par l'ensemble santé-hygiène- beauté (12 %).

Ces quelques données sont issues de l'Observatoire de l'Emballage(2), "outil de veille stratégique et économique qui vise à refléter les tendances et perspectives des différentes filières de l'emballage en France", selon Juana Moreno, Commissaire Général, Emballage. A moyen terme, l'industrie de l'emballage va dépendre de l'évolution de plusieurs facteurs. La "fragmentation" des modes de consommation, qui repose sur des tendances sociologiques lourdes (volonté de gagner du temps, maturité de la demande, diminution du nombre de personne par foyer…) et qui augmentent le nombre d'unités d'emballage. Le poids croissant du hard discount et des marques distributeurs, et donc des produits à plus bas prix à emballage réduit. Le besoin croissant de différenciation des grandes marques face aux marques distributeurs. L'environnement et son impact non négligeable sur le poids des emballages, les procédés de production et le recyclage. Enfin, les nouvelles contraintes comme la sécurité (la traçabilité en particulier dans les industries agro-alimentaires).
Outil de veille pour l'emballage

Perspectives

En termes de perspectives, les fabricants d'emballage envisagent avec optimisme la croissance annuelle anticipée autour de 4 % en volume du secteur santé-hygiène-beauté, portée par des facteurs structurels : développement de nouvelles pathologies (pollution, obésité, fatigue, stress..), effets de génération, amélioration des revenus, vieillissement de la population… Premier débouché, l'agro-alimentaire progresserait de manière plus modérée (2,5 % en moyenne annuelle), de même que le secteur des "autres biens de consommation". Sur le plan des matériaux, les complexes (association de plusieurs matériaux) et les plastiques progressent au détriment des matériaux traditionnels tels que les emballages en verre, concurrencés par les plastiques sur les segments dynamiques des eaux en bouteille. Ils souffrent, par ailleurs, de marchés peu dynamiques dans les boissons alcoolisées.

Mais le prix des matières premières - particulièrement celui du pétrole -, pourrait modifier les règles du jeu et favoriser le regain des matériaux concurrents. En termes d'équipement, de nouveaux entrants, dont la Chine, pourraient se lancer sur le marché des machines et contribuer à de nouvelles baisses des prix sur les équipements d'entrée de gamme, pour l'heure aux mains des Italiens sur le marché européen. La mondialisation n'épargne par l'emballage puisqu'une certaine incertitude est perceptible chez les fabricants d'emballages quant aux risques accrus de délocalisation de leurs clients comme le secteur santé-beauté à la conquête de nouveaux marchés ou les "autres biens de consommation" afin de diminuer les coûts de production.

L'emballage doit prioritairement contribuer à la productivité de la "chaîne logistique" afin de réduire les coûts d'exploitation.

L'emballage, soutien au marketing produit

L'emballage doit prioritairement contribuer à la productivité de la "chaîne logistique" afin de réduire les coûts d'exploitation. De nombreux facteurs rendent stratégique l'optimisation de cette chaîne : la diversification des sources d'approvisionnement ; la spécialisation des sites de production afin de mieux tenir compte des capacités de production et de transport ; l'accroissement de la demande de livraison et de production en "zéro stock", l'accélération des cycles d'innovation. Pour le secteur clé des industries agro-alimentaires, les trois exigences - productivité logistique, environnement, design -, se tiennent au coude à coude en emballages primaires, tandis que la productivité et l'environnement se détachent devant le design en emballages secondaires. La volonté des industries clientes de s'impliquer davantage en amont souligne la plus grande importance accordée à l'emballage en tant que soutien au marketing produit et peut-être moins à son simple rôle fonctionnel. Aussi, dans le futur, les clients vont-ils percevoir de plus en plus leurs fournisseurs comme des fournisseurs de solutions complètes de packaging et non plus comme de simples sous-traitants.

Notes

(1) Observatoire de l'Emballage créé avec le soutien des organisations syndicales et professionnelles de la filière : Procelpac, Fédération française du cartonnage, ONDEF, CSEMP, SNFBM (et SFIFA), SCIPAG Embalco, Secimep, CETIE, CNE.
(2) Le BIPE a interrogé un échantillon représentatif de 150 entreprises de la filière de l'emballage (secteurs clients, fabricants d'emballage, fournisseurs d'équipements). Les questions ont porté sur les perspectives d'activité à un horizon de trois ans, les risques de délocalisation et l'évolution des relations client-fournisseur.
Le Code de la propriété intellectuelle n'autorisant, d'une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privée du copiste et non destinées à une utilisation collective, et d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayant cause est illicite. Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle
Bot
Rechercher

Newsletter

Restez informés sur les nouveaux articles disponibles depuis le site. Inscrivez-vous à la newsletter
Dossiers les plus consultés

Cas d’école

Etudes

L
Bas
Flash Player